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Calende

Février 2012
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Verbatim

Méditations

Lorsque l'esprit se fond
dans l'immense conscience
collective, ce fleuve furibond,
nous ne somme plus matière

il n'existe plus de "soi"
les perceptions décuplées
sont en même temps étouffées
en un paradoxal et vibrant émoi.

 

Bienvenue aux voyageurs !


 



Que le soleil brille sur votre chemin!
Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 07:05
Les Sulikants

Crache le feu
Aux sombres chevaliers
Errants. Gare au lance-flammes !

Ces pillards de squelettes en fuite
Ont peur. L'ombre ailée est sur eux
Des écailles frôlent leur tête

Epouvantés, aux billes rondes,
Ecarquillées jusqu'à ce que la gueule
Se referme.

La précipitation leur ôte
Le peu de jugement qu'ils avaient
Et un requiem lancinant

Un linceul blanc dévale l'échine
De ces pauvres damnés.
Le roussie à peine éteint dans le dos,

Le seul survivant s'élance
Dans le souterrain
Oblong et humide.

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : poèmes d'Erïa
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 08:38
L'arbre qui voulait devenir ciel


Il y a très longtemps, quand le monde était jeune et couvert de forêt, au bord de la rivière d'argent (que les nayadrim ou fées appellent « paléliande ») à la lisière de la belle forêt de Nethén vivait le plus beau des Saules pleureurs que la Terre n'ait jamais porté.
Pendant longtemps sa mélancolie fit parti de lui, il la cultivait, la recherchant comme l'eau avec ses racines. Puis un jour elle fit son malheur : plus il était triste et plus il désirait mourir. Et par là même plus il perdait le goût de vivre plus il émerveillait le monde. Ainsi chaque jour il pleurait toutes les larmes de son tronc.
Vint à passer prés de l'eau Nimdilila, « la fille de la forêt » car tel était son nom dans la langue des fées.
Belle comme le jour, fine comme la feuille de l'arbre,
Et douce comme le vent d'été dans les branches.
Celle-ci inquiète lui parla :

-Saule pourquoi pleures-tu ?
La fille de la forêt est pourtant là
A chacun de tes sanglots de bois.
Ne te laisse pas aller, ne pleure plus...
Redresse tes branches courbées,
La mélancolie n'est pas un bon remède,
Elle te fait vieillir, devenir raide.
Arrête de gémir, arrête de sangloter,
Reprend toi, la vie en vaut le coup.
Je sais, elle en donne aussi,
Mais ne rompt pas, fait comme ton ami
Le roseau qui plie mais reste debout.
Le vent, la pluie, ne sont pas mauvais,
D'ailleurs sans eux ta vie serait difficile.
Je sais, tu penses aussi qu'elle serait plus tranquille.
Mais ne reste pas ainsi, courbé et abattu
Parle, respire, partage, interroge, car ceci est ta vie,
Un cadeau trop beau, trop féerique
Pour en faire un calvaire à coup de trique,
Pour attendre la fin et le paradis.
Car tu sais saule, le paradis
Peut être sur cette terre si tu le veux.
Si tu le cherches malgré la pluie
Le vent, le froid, des hivers rigoureux.
Pense à nous qui t'aimons
Et qui attendons une seule chose :
Que tu vives au delà du piquant des roses,
Et que tu apprennes à les cueillir ...Allons !
Ne te referme pas sur toi même,
Ris, vibre, chante, aime,
Imagine, essaie, tente.
Pour que vivent en toi les couleurs éclatantes
De la vie aux milles pétales.


Redressant un peu ses branches, il soupira. Touché par la compassion de la dryade, ses branches vibrèrent et les feuilles qui les prolongent émirent un léger tintement. Mais il voulait confier son mal être profond. De sa voix grave et plaintive il s'exprima :

-Ô ! Nimdilila, je suis enlierré.
Les lianes de mes pensées obstruent
Ma ligne de vision enchantée.
Je voudrais devenir aérien pour être,
Pour vivre pleinement sans ces racines
Et le poids de ces feuillages sur mes branches
Et pour une fois sentir sur mon tronc
Les doux rayons du roi soleil.
Je rêve de ne plus être dans l'ombre.
Je veux voir d'autres contrées,
Visiter, contempler, des nouveaux paysages
Renouveler chaque jour les expériences
Qui composeront le sac de mes pensées,
Les remettre en cause à tout moment
Dans le but de n'en garder
Que le plus merveilleux, l'essence du monde
Ainsi chercher la raison d'être des choses,
Approfondir l'abyssal gouffre de l'existence
Jusqu'à en trouver le fond
Et repartir vers les cieux,
Le toucher avec la paume de ma main
Et m'en délecter comme d'une nourriture
Pour m'approprier sa consistance
Et être toujours ainsi jusqu'à la fin des temps.

Alors la fée fronça ses fins sourcils et répondit :

-Je peux te faire tel que tu désires être.
Mais sache que chaque état physique
A ses maux propres à soutenir
Et les désavantages qui s'y attachent.

Voyant que rien ne pourrait faire changer d'avis le saule
Elle mit en œuvre son pouvoir. D'un être de bois elle fit un être d'air, et en lui ne coulait plus de sève mais il était fait d'innombrables gouttelettes d'eau à l'état gazeux.

Un être nouveau naquit des entrailles de l'arbre.
Celui ci remercia maintes fois sa bienfaitrice, mais elle le prévint :

-Ce qui paraît attrayant, frais et nouveau
Au premier jour du changement
Pourra bien devenir lassant et vieux
Après que les années aient passé.

Mais le saule ne l'écouta pas et voyagea beaucoup, et peu savent ce qu'il fit .
Mais un jour il trouva le moyen d'atteindre le ciel
Et pris sa consistance, Il avait réalisé son rêve.
Au début sa vie nouvelle le distrayait, et longtemps il s'amusa à faire la course avec le vent .Mais bientôt il se lassa de toutes les choses possibles en ce haut lieux.
Il appela alors la fille de la forêt à son secours, mais celle-ci lui avoua qu'elle ne pouvait accomplir le prodige de le retransformer.

Et depuis ce jour quand le peuple des fées regarde dans les cieux, parfois l'azur se couvre de nuages. Et ces nuages amènent souvent une pluie fine, ce sont les larmes du saule qui pleure de ne plus pouvoir descendre.

 

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : Contes - Communauté : Les portes du merveilleux.
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 08:37
Le Chaudron de CULUCHAN

Culuchan était un pauvre paysan, et il menait une existence rude faite de labeur. Vieilli avant l'âge par le travail de la terre, il paraissait porter toute la misère du monde sur ses épaules.
De fait il était voûté, et son front hâlé était strié de rides.

Un jour qu'il retournait sa terre, il buta avec sa vieille charrue sur ce qu'il prit d'abord pour une pierre.
Le bon paysan maugréant, s'arrêta pour scruter ce qui bloquait l'avancée de sa besogne.
Il en avait beaucoup ces jours-ci...car le temps des semailles allait bientôt se présenter, et il avait une famille à nourrir.
Il se pressa donc vers la lame de sa charrue.
Et quel ne fut pas son étonnement lorsqu'il aperçut la cause de son problème !
Ce n'était pas une pierre. C'était un chaudron qui, bien que sali et crotté était lorsque Culuchan le déterra, de belle forme et de taille respectable.
Une fois lavé et briqué, il fut la fierté du laboureur. Celui-ci le donna à sa femme qui jeta sa vieille marmite pour la remplacer par la trouvaille de son mari.
Un soir, alors que Culuchan dormait profondément, un bruit métallique le réveilla en sursaut.
Le chaudron brillait d'une lumière rouge. Il se leva et s'approcha de l'âtre.
Il perçut une petite voix lointaine et nasillarde:
-« Apporte moi, dit elle, ce qui t'est de plus cher et je le multiplierais ».

Le laboureur fut interloqué ...et même abasourdi.
-« Tu as une journée, poursuivit la voix qui venait de l'être mi génie, mi diablotin qui venait d'apparaître au milieu du chaudron. Après quoi la dernière chose que tu auras dite (si tu n'es pas décidé) sera considérée comme vœu. ».
Puis tel qu'il était apparu, le diablotin s'évanoui en laissant la pièce enfumée et sombre.
Culuchan réveilla alors sa femme et ses enfants, car il voulait avoir leur avis avant de se prononcer.

D'abord incrédule, chacun des membres de sa famille y alla mi-amusé, mi intéressé de son vœu.
Sa femme lui expliqua qu'elle désirait multiplier les robes pour être la plus coquette,
Son fils aîné voulait des terres pour prospérer en tant que laboureur,
son fils cadet souhaitait de l'or pour être le plus riche chevalier du monde,
enfin la grand-mère dit qu'elle ne croyait pas à ces sornettes.

Les désirs de chacun étaient antagonistes et concurrents, et la convoitise alluma un feu dans les esprits de la famille et ils en vinrent vite à élever la voix, et même aux mains.
Le père s'interposait entre tous, mais il fut atteint lui aussi par l'envie de posséder cette source de richesse qui l'amènerait à être l'homme le plus puissant du monde, et il se jeta à son tour sur sa femme avec une rage folle.
Il fallut que la grand -mère, qui regardait la scène assise dans son fauteuil en osier, jette sur les participants de ce remue-ménage un saut d'eau pour que la famille reprenne son calme.
Après quoi tout le monde d'un claquement de doigt revint à la réalité.
Pendant ce laps de temps, où la magie du chaudron leur avait tourné la tête, ils s'étaient vus tels qu'ils désiraient être, et avaient vu en l'autre un rival à abattre.
-« Imbéciles ! chevrota la grand-mère, vous alliez vous tuer pour ce diable sorti du chaudron !
-merci mère de nous avoir réveillé de ce cauchemar, mais nous ne sommes pas plus avancés... »

Culuchan désespéré ne trouvait pas. Et l'échéance fixée par l'esprit du chaudron arriva.
La nuit était tombée peu à peu sur la ferme.
Le laboureur était prostré sans pouvoir décider. Il ne réussissait pas à réfléchir, car son esprit hésitait entre tous ses rêves les plus fous, ceux qu'il avait enfouis dans les profondeurs de sa conscience, pour qu'ils n'en sortent jamais. Et voilà qu'on lui demande tout d'un coup de réfléchir à ce qu'il avait cru impossible les jours et les années précédentes.
Les dernières secondes de la journée s'écoulèrent dans un silence pesant.
Enfin, le génie du chaudron réapparut visiblement amusé de l'embarras du laboureur.
-« As-tu choisis Culuchan ? »
Son sourire dévoilait de minuscules dents pointues dans une bouche fine.
-« Eh bien...non, je ne sais toujours pas.
Je pense... »
C'est alors que la femme de Culuchan glissa à son mari :
-« Ne t'inquiète pas mon Culuchan, la seul chose dont nous avons besoin, c'est l'amour.
C'est la seule richesse qui vaille le coup. »
Le génie éclata d'un petit rire strident :
-« Sages paroles que voilà ! Mais je vais exhausser ce souhait...
Ta femme Culuchan, vient de dire la seule parole qui comptait.»
Et il disparut en un éclair.

Culuchan, se retrouva avec sa famille, et le chaudron était redevenu un récipient ordinaire.
Chacun se demandait s'il n'avait pas été la proie d'hallucinations.
Le labeur reprit les jours suivant, aussi difficile qu'avant mais l'atmosphère de la ferme était différente. Les soirées étaient plus enjouées malgré la pauvreté des repas.

Et la question que se posait parfois Culuchan était :
Etait-ce dû au vœu qu'il avait formulé ou n'était-ce pas plutôt qu'il avait réalisé que la plus grande richesse de l'existence n'était pas les vêtements, les terres ou l'or, mais...
L'Amour

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : Contes
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 08:35

Le cheval de Denogo

Un jour froid et pluvieux était né un poulain neige avec une bosse au garrot.
La jument qui l'avait enfanté était pourtant élégante et harmonieuse, mais par un coup du sort l'animal était né infirme.
« Que la Nature est cruelle parfois » pensait le riche propriétaire de la jument revenant du marché.
Il était perfectionniste, et voyant que la bête ne deviendrait jamais une monture racée, il l'avait vendue pour une bouchée de pain à un vieil homme qui venait tout juste de perdre son âne.

L'homme se nommait Denogo, mais tout le monde l'appelait « vieil homme des bois ».
Il vivait en ermite à quelques lieux du village et était aussi pauvre que bon.
Ce poulain était une aubaine car il allait lui servir à aller chercher les quelques denrées que dans son jardin il ne produisait pas.
Il donna d'emblée toute l'attention qu'il put à son poulain car il s'était pris d'affection pour lui, n'ayant pas d'enfants.
Le poulain devint bientôt un jeune cheval au crin blanc et luisant. Sa bosse l'empêchait toujours de se mouvoir avec grâce et rapidité mais il avait tout de même gagné en force et pouvait maintenant tirer la vieille carriole de l'ermite lorsque celui-ci faisait le trajet jusqu'au village.
Denogo savait qu'un voyage plus long aurait été impossible pour sa bête. Mais il ne demandait rien de plus que ce que pouvait lui apporter son cheval.

Un jour où il bêchait son jardin, le vieil homme commença à cracher du sang, et alors qu'il voulait rentrer dans sa masure s'effondra sur sa terre à peine retournée.
Alcen aperçut son maître sur le sol et sauta la barrière vermoulue. Il avait compris que le vieil homme avait besoin d'aide. Il trotta tant bien que mal jusqu'au village dans l'espoir d'aller chercher des secours.
Aucun villageois ne se préoccupa de ses hennissements sauf un vieil homme appelé Iran qui appréciait quelque peu Denogo, et qui reconnu en Alcen son poulain. Il fit le chemin jusqu'à la masure de l'ermite et le trouva à terre. Iran prit le temps de le relever, puis il l'amena jusqu'à sa couche, humidifiant d'un linge son front. Il avait remarqué que Denogo avait de la fièvre, et alla chercher le médecin du village.
Après un traitement approprié d'une décoction de plantes, Denogo perdit sa fièvre assez rapidement, mais le médecin décela une maladie qu'il ne pouvait soigner. Et il lui dit qu'il n'avait plus longtemps à vivre.

Peu à peu Denogo reprit de la force, mais son moral demeurait au plus bas.
Les soirs il pleurait sur son sort. Il se savait perdu et aurait voulu revoir une dernière fois sa sœur avant de mourir. Mais celle-ci habitait trop loin pour qu'il puisse y aller en carriole.
L'ermite ne pouvait que murmurer :
« Mon pauvre Alcen, ce voyage serait trop dur pour toi et te tuerais... »

Un soir le pauvre homme pleura pendant des heures et finit par s'endormir épuisé par le chagrin.
Pendant la nuit un hennissement le réveilla. Le vieil homme inquiet pour son cheval se leva d'un bon et regarda par l'entrebâillement du volet. Il vit alors un prodige. Le cheval était dehors, accroupi, la tête légèrement inclinée, hennissant à intervalles réguliers. Et, alors qu'il se demandait quel mal atteignait l'animal, il y eut un bruit de craquement. Denogo vit la bosse sur le dos de son cheval se fendiller, et laisser apparaître dans un éblouissement de lumière de magnifiques ailes translucides, longues et graciles.
Le cheval difforme s'était métamorphosé en pégase ! Le vieil homme se frotta les yeux car il n'arrivait pas à y croire.
Il se couvrit d'un pardessus mité et sortit à la rencontre du fabuleux animal.
Celui-ci bien qu'affaibli par l'effort, vint à sa rencontre et posa sa tête sur son épaule.
Denogo fut submergé par une intense émotion et le serra contre son cœur.
Ensuite il lui donna de l'eau à boire et du bon foin à manger.
S'assurant qu'il avait tout ce qu'il fallait il alla se coucher et dormit jusqu'au matin.

Aux premières lueurs du jour l'ermite se réveilla.
Il ouvrit ses volets et tomba nez à nez avec le pégase. Celui-ci piaffait et hennissait à sa vue.
Denogo sortit et vit Alcen s'élancer dans les airs comme pour lui montrer qu'il n'avait plus de problème pour se mouvoir avec grâce et rapidité.
Denogo applaudit aux figures de son pégase, et comprit qu'il pourrait bientôt partir voir sa sœur, car aussi loin qu'elle fût, ce n'était plus un obstacle pour sa monture.

Après avoir pris un frugal petit déjeuné, il grimpa sur Alcen qui l'attendait, et s'envola derechef au-dessus de sa masure. Il survola bientôt les forêts alentours, et lui qui n'avait jamais vraiment voyagé aperçut les merveilles du monde vues du ciel, et combla d'un seul coup tous les manques laissés par une vie triste et sans bonheur.

 

Il arriva trois jours plus tard chez sa sœur.
Après s'être posé devant le muret clôturant la parcelle de sa parente, il rendit la liberté au pégase, non sans verser une larme.
Il lui dit qu'il devait maintenant reprendre sa liberté, et parcourir le monde pour sa propre expérience et son propre plaisir. Le pégase ne voulut pas partir tout d'abord, faisant sonner ses sabots sur les pavés de la rue. Ses naseaux relâchaient une fumée à intervalles réguliers pour montrer son désaccord.
Puis comprenant peut-être les regards et les gestes de Denogo il recula et trotta jusqu'au bout du chemin.
Enfin alors que le vieil homme lui faisait un dernier geste, d'un battement puissant de ses ailes diaphanes, Alcen prit son envol, et disparut dans les nuages.

Denogo, fut accueilli par sa sœur qui cria de joie en l'apercevant.
Ils passèrent plusieurs semaines à parler de leurs souvenirs et à se balader dans les chemins enchanteurs de la région, comme lorsqu'ils étaient jeunes et que rien n'avait d'importance.
Le vieux Denogo était vraiment comblé, il avait réalisé son souhait le plus important.

Un soir qu'ils avaient beaucoup parlé, il alla se coucher l'âme en paix, et ne se réveilla pas au petit matin.
On raconte que son esprit débordant de joie est parti voguant vers le soleil, à la poursuite d'Alcen. Ses plus proches parents qui assistèrent à l'enterrement aperçurent un pégase immaculé survoler le cimetière.

Chaque année depuis lors, on peut apercevoir se croiser dans le ciel à l'anniversaire de la mort de l'ermite quelques pégases aux ailes translucides.
Et depuis ce jour on honore le vieux Denogo comme l'ami des pégases et plus jamais on ne méprisa les poulains bossus.

 

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : Contes
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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /Mai /2008 11:38
EPILOGUE

Après la fin du combat Aristide avait perdu connaissance et il fut transporté dans la demeure du Thorn par les soldats du palais.

Ces derniers qui avaient servit le Croc-givre lui devaient maintenant allégeance car le monstre n'avait point laissé de descendance. Il était le Nouveau Thorn.

A son réveil, celui-ci désira voir Imiandë, Unarion et la corneille en privé.

Prenant cette dernière dans ses mains, il rompit le maléfice tissé par son frère et redonna forme humaine à la pauvre Nésia.

-Merci encore, s'exclama-t-elle, je ne sais comment vous montrer ma gratitude...

-Ce n'est rien car par votre présence vous m'avez permis de recouvrer ma liberté et de rompre la chaîne sanglante que mon frère avait initiée. Alors merci à vous clama-t-il, à vous tous ! et il les embrassa. Il avait l'air d'un véritable seigneur en cette heure et il resplendissait dans ses atours de Thorn des Ullgards.

Dans les jours qui suivirent il fit apposer une porte pour celer l'accès au territoire du roi des rats.

Après quoi, le nouveau seigneur ordonna un grand banquet où le peuple des montagnes fut convié. Il prit solennellement l'engagement de réparer les tords que son frère avait causés et décida que dorénavant il oeuvrerait pour le bien du peuple des Ullgards. L'assistance l'acclama et se félicita de posséder un tel homme pour les guider.

Imiandë quelques jours plus tard revint dans sa petite maison, où son père l'attendait, désespéré, car il la pensait morte.
Il lui dit peu de mots :

- « Ou étais tu ? » elle secoua la tête, et sourit car elle savait qu'elle était de retour. Elle lui raconta toute l'histoire et lui annonça qu'à partir de maintenant les choses allaient être pour eux plus faciles, car elle avait été nommée tisseuse du seigneur des Ullgards. Il ajouta sans broncher « Très bien, mais va falloir que tu t'y mettes car on n'a plus rien à vendre... ».

Soupirant elle se dit qu'il ne changerait jamais, mais elle était tout de même heureuse, car elle ne ressentait plus le picotement coutumier dans sa nuque. Le sort la laisserait désormais en paix.

De leur coté Nésia et Unarion restèrent vivre au palais. La jeune femme trouva un emploi comme dame de parage à la cour du seigneur,

Unarion lui devint un page appliqué et un jeune homme fort instruit.

Tout était pour le mieux.

Mais un évènement étrange s'était déroulé dont on avait fait peu de cas parmi l'entourage d'Aristide.

Après le Fameux combat tant chanté par les ménestrels, les soldats étaient revenus dans les catacombes pour prendre le corps et lui donner une sépulture digne d'un seigneur des Ullgards. Tout cela était des plus logique. Sauf que nul dépouille ne fut retrouvée là où le sang des deux frères tachait le sol à jamais. On essaya vainement de faire quelques recherches pour mettre un corps dans la tombe qui avait été fabriquée à cet effet. Tentative nulle. La mort du Croc givre fut entérinée et l'on classa l'affaire dans les dossiers de la seigneurie.

Cependant du coté du peuple cela ne demeura pas aussi clair. Des histoires commencèrent à circuler car on racontait avoir aperçu dans les Ullgards la silhouette du monstre au sommets des monts enneigés.

Les vols d'enfants qui survinrent l'année suivante lui furent imputés. La rumeur prit de l'ampleur, et après des décennies ces histoires devinrent des contes.

La légende du Croc givre était née.

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : Contes
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