Bienvenue aux voyageurs !
Que le soleil brille sur votre chemin!
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Tout d’abord Cordoue, et ses ruelles du quartier de l’albaizin
Comme de labyrinthiques encenseurs nous perdent en son ventre,
Puis la chaleur accablante de ce corps urbain
Nous conduit sans que nous y prenions garde
Devant la façade ouvragée de la cathédrale mosquée.
Cordoue et la mezquita fabuleuse
Où nos corps s’oublient, se fondent, en milliers de colonnes
Dans l’ombre on perd conscience du temps, égarés corps et âme,
L’âme jadis prisonnière n’est plus que subsistance éthérée en cette édifice
Il y a comme une essence divine qui nous révèle
le temps d’une balade un feux d’artifice Intérieur,
une ribambelles de figures inconnues venues des limbes de nos existences.
Au centre une cathédrale lumineuse, dorées à l’or fin exubérante
Autour une forêt de colonnes de marbre, en frondaison religieuse
Muette et immobile, géants de pierre aux ramures infinies
Nous transporte, nous véhicule, comme un tapis volant titanesque
vers cette terre promise d’un lointain passé.
Cordoue la nuit, et ses flammes comme des étoiles
Qui éclairent d’une lumière dorées toutes les façades
L’éternelle cordoue venue d’un conte de shérazad
Des milles et une nuits, soulève pour nous son voile
Et devient le temps d’un soir la concubine intrigante
Qui nous guide et de nous subjugue.
Sur le pont romain, le son étouffé d’un chant
Nous parvient. Du flamenco comme un puissant elixir
Nous laisse sans voix au bord du guadalquivir.
Les mains claques à un rythme endiablé,
Les femmes esquissent des pas de danse,
Et les rires des jeunes personnes résonnent
Comme pour désacraliser cette cérémonie andalouse
Qui se prolonge jusqu’au petit matin.
Des brumes des lacs du nord aux tertres déchus,
Des mers septentrionales aux monts de neiges écrues
Une seule idée rassemble et déchire les hommes sans foi
Un seul mot les pousse de la vie si fragile au trépas,
La guerre, sanglante et terrible, en fumée de cadavre
Morne, et étouffante s’insinue dans le havre
De mes espoirs et la vie commence de me quitter
Lorsque je serre le pommeau de mon épée.
La rumeur de la bataille se prolonge à mes oreilles
Et il bat ma tempe de ses coups acérés
Au diable la vie que j’avais sous le soleil !
Maintenant que je sens la mort arriver.
L’imminence du choc aiguise mes sens
Je plonge peu à peu dans une transe
et crois percevoir une présence divine
Brûler mon âme et dévaler mon échine.
Mais, la peur me quitte car elle est battue
Par une idée plus implacable qu’elle :
L’acceptation du sort qui m’ait échue
Et le rendez vous avec la faucheuse éternelle.
L’égale des Néréides
Allongée ; Son corps immobile,
Irradiait d’une blanche candeur
Que seul jadis les Néréides
Pouvaient égaler en grâce.
La courbe de son dos
Se perdait jusqu’à l’arrondie
De ses hanches dénudées
Et sur ses cuisses allongées
Un voile de soie reposait, épousant
La ligne frissonnante de ses reins.
Son visage encadré d’or
Etait l’allégorie embrasée
De l’évanescence incarnée.
Sur moi alors tomba le voile
Le doux linceul royal
Qui me serre encore le cœur
Par tempête ou chagrin
Et qui sèche mes larmes.
Et lorsque S’épanche,
en perles diaphanes
l’essence de mon âme
Je crois défaillir, disparaître
Tout contre son sein.
Je murmure son nom : Lisalen !
Pour que s’éveille son esprit,
Et je prie le ciel de me laisser
Vivre près d’elle, et puis mourir.
Mais la cloche sonne dans le matin,
je dois partir à la bataille.
Il me faut remettre à plus tard
mes rêves brillants d’opales
et espérer en des lendemains plus calmes.
Et Sur moi tombe alors le voile
Le doux linceul royal
Qui me serre encore le cœur
Par tempête ou chagrin
Et qui sèche mes larmes.
Que les embruns musqués fouettes comme un pur sang,
Courant majestueux dans une prairie marine
Vers l’horizon rougie par le soleil couchant.
C’est un navire nimbé d’une aura grandiose,
Qui fend les flots pastel de sa coque lustrée,
Comme jadis ceux des immortels, effilés,
Bravaient les éléments et ses métamorphoses.
Voyez ce fier cygne filer comme le vent ,
Les dauphins le suivent en s’amusant,
Et le reconnaisse pour frère.
N’accablons pas celui qui s’en va vers le levant,
il a la tristesse pour amant,
Et le temps sera pour lui si amer.
Exégèse