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Que le soleil brille sur votre chemin!
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Méditations
Que le soleil brille sur votre chemin!
Il y a des millénaires, les Nayadrims avaient bâti cette place forte qui depuis avait sombré dans l'oubli.
Imiandë n'avait pas remarqué à son premier passage que derrière la crasse et les excréments, au-delà de la puanteur et du voile d'obscurité les murs de cette antique demeure étaient d'Hoplom, une pierre aujourd'hui presque disparue du monde, dont les techniques d'usage ne s'étaient pas perpétuées.
Ca et là des bribes de fresques ternies aux sujets non moins obscurs se remarquaient.
Ne pouvant s'attarder pour étudier ces indices d'un autre temps, ils avançaient à pas rapides pour atteindre l'escalier menant à la demeure du thorn.
La corneille fit remarquer avant d'arriver à celui-ci une plaque de marbre apposée sur le mur :
« Ci-gît le prince des incapables et des marches,
Aristide Thorn l'escalier, qui désormais
Au-delà de son inutilité première,
Me servira mieux dans mon ascension.
Signé Le seigneur des Ullgards »
- Ceci est effroyable, comment peut-on faire cela à son frère ?
Songea à haute voix Imiandë.
-Moi je ne te ferais jamais aucun mal déclara d'une petite voix unarion à sa sœur.
-Moi non plus coassa la corneille.
Pendant que ses compagnons se rassuraient l'un l'autre, Imiandë tendit son fil de laine d'un bout à l'autre du couloir, en un piège enfantin, ne sachant pas pourquoi elle faisait ce geste, puis elle ajouta :
- montons ces marches et partons d'ici pour nous retrouver chez nous rapidement.
Elle prit la tête du groupe et en haut de l'escalier se rendit compte que la grille était fermée.
-Monsieur L'escalier ? Vous...vous pouvez nous ouvrir ?
Mais nulle réponse ne leur parvint
-il nous faut partir sans tarder, votre frère doit être à notre recherche...
Toujours aucune réponse.
La corneille inquiète s'enquit :
-ce n'est pas drôle, pourquoi vous taisez vous, vous nous aviez promis de nous aider...
A ces dernières paroles ne répondit qu'un silence angoissant ponctué de cris de rats effrayés. Unarion, les larmes aux yeux, commençait à geindre tout bas.
Sa sœur lui dit de se taire. La corneille avait perçu des bruits suspects. Son ouie fine était formelle.
-Quelqu'un vient, siffla-t-elle, cachons nous sous l'escalier !
Une voix grave s'éleva : « N'ayez pas peur c'est moi Aristide Thorn ».
Sortant de leur cachette, au comble de la surprise, les trois compagnons aperçurent un homme vêtu d'une armure de cuire marron, cloutée sur le torse.
Il était plutôt grand et large d'épaules. Ses yeux clairs, autant qu'Imiandë pu en juger, luisaient au milieu d'un visage pâle entouré de cheveux de jais.
-J'ai enfin réussi à briser le sortilège qui me retenait dans ce corps de bois...
Et me voici, lâcha-t-il en souriant. Maintenant je vais pouvoir honorer ma promesse...
Imiandë étonnée s'exclama :
-vous avez la clef de la grille ?
- Non mais je peux peut-être réussir à l'ouvrir autrement...
Il sortit son poignard et monta les marches pour commencer le travail.
Quelques minutes plus tard la serrure résistait toujours et il lâcha énervé :
-Mon frère a dû apposer un sortilège...je vais essayer de...
Puis, se relevant sans bruit il leur fit signe de se taire :
Il lança d'une voix de commandement :
-derrière moi ! Il arrive !
Aristide sortit son épée et se positionna à l'affût. Les secondes s'égrenèrent comme des heures dans l'attente de la venue du thorn.
Sans crier gare une griffe du Croc-givre s'abattit sur Aristide qui para en chancelant l'attaque fulgurante.
C'est alors que le monstre apparut dans toute sa dimension, de plusieurs têtes plus grand que son frère.
Le croc givre, fauve mâtiné de lézard balançait ses griffes démesurées avec une puissance effroyable. Il faisait mouche à chaque fois, faisant reculer Aristide. Ivre de colère le Thorn dévastateur asséna un premier coup de griffe atteignant son frère à la jambe.
Serrant les dents Aristide l'attira dans les catacombes tout en combattant.
Il reprit ses parades et accéléra ses mouvements d'épée, et d'une botte aux arabesques aériennes, il toucha le Thorn à l'épaule.
Loin de ralentir le monstre, celui-ci exultait, excité par l'odeur du sang.
Le combat se prolongeait et la blessure de leur défenseur saignait abondamment.
Imiandë remarqua que ses parades devenaient de moins en moins efficaces.
D'un coup Imiandë vit le Croc-givre lacérer le dos de son frère qui poussa un cri terrible.
Au bord de l'épuisement il ne parvenait même plus à toucher son adversaire surpuissant. Alors d'un revers de griffe le monstre fit sauter son épée, d'un hurlement rageur.
Exultant le Croc-givre n'avait pas prévu qu'un fil de laine mince mais tissé dans une matière à la résistance étonnante, allait le déséquilibrer dans l'élan qu'il prenait pour donner le coup fatal.
En un instant le fil vibra, le monstre perdit l'équilibre, et Aristide ramassant son épée la releva juste à temps pour lui percer la bedaine héroïquement.
Dans un corps à corps titanesque, les deux frères exécutèrent une danse macabre dont Aristide sortit vainqueur en titubant...
Il approcha de ses compagnons et s'affala sur la première marche de l'escalier qu'il habitait il y a peu et parvint à articuler d'une voix rauque :
« Le Croc-givre est mort ».
Exégèse