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Calende

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Verbatim

 

Méditations

Lorsque l'esprit se fond
dans l'immense conscience
collective, ce fleuve furibond,
nous ne somme plus matière

il n'existe plus de "soi"
les perceptions décuplées
sont en même temps étouffées
en un paradoxal et vibrant émoi.

 

 

 

 

Bienvenue !


 
 Que le soleil brille sur votre chemin!

Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 08:38
L'arbre qui voulait devenir ciel


Il y a très longtemps, quand le monde était jeune et couvert de forêt, au bord de la rivière d'argent (que les nayadrim ou fées appellent « paléliande ») à la lisière de la belle forêt de Nethén vivait le plus beau des Saules pleureurs que la Terre n'ait jamais porté.
Pendant longtemps sa mélancolie fit parti de lui, il la cultivait, la recherchant comme l'eau avec ses racines. Puis un jour elle fit son malheur : plus il était triste et plus il désirait mourir. Et par là même plus il perdait le goût de vivre plus il émerveillait le monde. Ainsi chaque jour il pleurait toutes les larmes de son tronc.
Vint à passer prés de l'eau Nimdilila, « la fille de la forêt » car tel était son nom dans la langue des fées.
Belle comme le jour, fine comme la feuille de l'arbre,
Et douce comme le vent d'été dans les branches.
Celle-ci inquiète lui parla :

-Saule pourquoi pleures-tu ?
La fille de la forêt est pourtant là
A chacun de tes sanglots de bois.
Ne te laisse pas aller, ne pleure plus...
Redresse tes branches courbées,
La mélancolie n'est pas un bon remède,
Elle te fait vieillir, devenir raide.
Arrête de gémir, arrête de sangloter,
Reprend toi, la vie en vaut le coup.
Je sais, elle en donne aussi,
Mais ne rompt pas, fait comme ton ami
Le roseau qui plie mais reste debout.
Le vent, la pluie, ne sont pas mauvais,
D'ailleurs sans eux ta vie serait difficile.
Je sais, tu penses aussi qu'elle serait plus tranquille.
Mais ne reste pas ainsi, courbé et abattu
Parle, respire, partage, interroge, car ceci est ta vie,
Un cadeau trop beau, trop féerique
Pour en faire un calvaire à coup de trique,
Pour attendre la fin et le paradis.
Car tu sais saule, le paradis
Peut être sur cette terre si tu le veux.
Si tu le cherches malgré la pluie
Le vent, le froid, des hivers rigoureux.
Pense à nous qui t'aimons
Et qui attendons une seule chose :
Que tu vives au delà du piquant des roses,
Et que tu apprennes à les cueillir ...Allons !
Ne te referme pas sur toi même,
Ris, vibre, chante, aime,
Imagine, essaie, tente.
Pour que vivent en toi les couleurs éclatantes
De la vie aux milles pétales.


Redressant un peu ses branches, il soupira. Touché par la compassion de la dryade, ses branches vibrèrent et les feuilles qui les prolongent émirent un léger tintement. Mais il voulait confier son mal être profond. De sa voix grave et plaintive il s'exprima :

-Ô ! Nimdilila, je suis enlierré.
Les lianes de mes pensées obstruent
Ma ligne de vision enchantée.
Je voudrais devenir aérien pour être,
Pour vivre pleinement sans ces racines
Et le poids de ces feuillages sur mes branches
Et pour une fois sentir sur mon tronc
Les doux rayons du roi soleil.
Je rêve de ne plus être dans l'ombre.
Je veux voir d'autres contrées,
Visiter, contempler, des nouveaux paysages
Renouveler chaque jour les expériences
Qui composeront le sac de mes pensées,
Les remettre en cause à tout moment
Dans le but de n'en garder
Que le plus merveilleux, l'essence du monde
Ainsi chercher la raison d'être des choses,
Approfondir l'abyssal gouffre de l'existence
Jusqu'à en trouver le fond
Et repartir vers les cieux,
Le toucher avec la paume de ma main
Et m'en délecter comme d'une nourriture
Pour m'approprier sa consistance
Et être toujours ainsi jusqu'à la fin des temps.

Alors la fée fronça ses fins sourcils et répondit :

-Je peux te faire tel que tu désires être.
Mais sache que chaque état physique
A ses maux propres à soutenir
Et les désavantages qui s'y attachent.

Voyant que rien ne pourrait faire changer d'avis le saule
Elle mit en œuvre son pouvoir. D'un être de bois elle fit un être d'air, et en lui ne coulait plus de sève mais il était fait d'innombrables gouttelettes d'eau à l'état gazeux.

Un être nouveau naquit des entrailles de l'arbre.
Celui ci remercia maintes fois sa bienfaitrice, mais elle le prévint :

-Ce qui paraît attrayant, frais et nouveau
Au premier jour du changement
Pourra bien devenir lassant et vieux
Après que les années aient passé.

Mais le saule ne l'écouta pas et voyagea beaucoup, et peu savent ce qu'il fit .
Mais un jour il trouva le moyen d'atteindre le ciel
Et pris sa consistance, Il avait réalisé son rêve.
Au début sa vie nouvelle le distrayait, et longtemps il s'amusa à faire la course avec le vent .Mais bientôt il se lassa de toutes les choses possibles en ce haut lieux.
Il appela alors la fille de la forêt à son secours, mais celle-ci lui avoua qu'elle ne pouvait accomplir le prodige de le retransformer.

Et depuis ce jour quand le peuple des fées regarde dans les cieux, parfois l'azur se couvre de nuages. Et ces nuages amènent souvent une pluie fine, ce sont les larmes du saule qui pleure de ne plus pouvoir descendre.

 

Par Guillaume Lebrin - Publié dans : Contes - Communauté : Les portes du merveilleux.
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Commentaires

Ce conte est magnifique... Bravo! Jaime beaucoup. Malka
Commentaire n°1 posté par Malka le 18/06/2008 à 21h32
quelle histoire merveilleuse!!!!! tendresse
Commentaire n°2 posté par Minuimivie le 20/06/2008 à 12h01
délicatesse des images, fluidité, charme, un joli conte poétique pour les enfants ...ou les adultes qui gardent en eux un peu d'enfance ! Continue cher Guillaume .
Commentaire n°3 posté par cécile le 18/11/2009 à 22h41

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