Bienvenue !
Que le soleil brille sur votre chemin!
| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Méditations
Que le soleil brille sur votre chemin!
Des brumes des lacs du nord aux tertres déchus,
Des mers septentrionales aux monts de neiges écrues
Une seule idée rassemble et déchire les hommes sans foi
Un seul mot les pousse de la vie si fragile au trépas,
La guerre, sanglante et terrible, en fumée de cadavre
Morne, et étouffante s’insinue dans le havre
De mes espoirs et la vie commence de me quitter
Lorsque je serre le pommeau de mon épée.
La rumeur de la bataille se prolonge à mes oreilles
Et il bat ma tempe de ses coups acérés
Au diable la vie que j’avais sous le soleil !
Maintenant que je sens la mort arriver.
L’imminence du choc aiguise mes sens
Je plonge peu à peu dans une transe
et crois percevoir une présence divine
Brûler mon âme et dévaler mon échine.
Mais, la peur me quitte car elle est battue
Par une idée plus implacable qu’elle :
L’acceptation du sort qui m’ait échue
Et le rendez vous avec la faucheuse éternelle.
L’égale des Néréides
Allongée ; Son corps immobile,
Irradiait d’une blanche candeur
Que seul jadis les Néréides
Pouvaient égaler en grâce.
La courbe de son dos
Se perdait jusqu’à l’arrondie
De ses hanches dénudées
Et sur ses cuisses allongées
Un voile de soie reposait, épousant
La ligne frissonnante de ses reins.
Son visage encadré d’or
Etait l’allégorie embrasée
De l’évanescence incarnée.
Sur moi alors tomba le voile
Le doux linceul royal
Qui me serre encore le cœur
Par tempête ou chagrin
Et qui sèche mes larmes.
Et lorsque S’épanche,
en perles diaphanes
l’essence de mon âme
Je crois défaillir, disparaître
Tout contre son sein.
Je murmure son nom : Lisalen !
Pour que s’éveille son esprit,
Et je prie le ciel de me laisser
Vivre près d’elle, et puis mourir.
Mais la cloche sonne dans le matin,
je dois partir à la bataille.
Il me faut remettre à plus tard
mes rêves brillants d’opales
et espérer en des lendemains plus calmes.
Et Sur moi tombe alors le voile
Le doux linceul royal
Qui me serre encore le cœur
Par tempête ou chagrin
Et qui sèche mes larmes.
Que les embruns musqués fouettes comme un pur sang,
Courant majestueux dans une prairie marine
Vers l’horizon rougie par le soleil couchant.
C’est un navire nimbé d’une aura grandiose,
Qui fend les flots pastel de sa coque lustrée,
Comme jadis ceux des immortels, effilés,
Bravaient les éléments et ses métamorphoses.
Voyez ce fier cygne filer comme le vent ,
Les dauphins le suivent en s’amusant,
Et le reconnaisse pour frère.
N’accablons pas celui qui s’en va vers le levant,
il a la tristesse pour amant,
Et le temps sera pour lui si amer.
Que tes rives sont belles en ce soir,
Où les reflets de nos logis brûlants,
Se diluent en toi comme dans un miroir.
Et que sombre le monde maintenant !
Puisque nous ne pourrons plus te voir,
sans que des flèches pleuvent en sifflant.
Que tes rives seront mortes et ternes,
Sans nos pêcheurs pour te draper
De leur filets dorénavant en bernes.
Et sombre le monde en ce moment dernier,
alors que se prépare le noir et maudit cairn,
Où nous enfermerons notre roi mort pour te garder !
Mais que tes rives demeureront belles à jamais,
Alors que nous les quittons de quelques mètres,
Pour ne plus connaître ton doux visage en paix.
Que sombre le monde par la dernière lettre
De cette ode à ta splendeur de jais !
Car nous mourrons tous avec elle en ce noir tertre.
Crache le feu
Aux sombres chevaliers
Errants. Gare au lance-flammes !
Ces pillards de squelettes en fuite
Ont peur. L'ombre ailée est sur eux
Des écailles frôlent leur tête
Epouvantés, aux billes rondes,
Ecarquillées jusqu'à ce que la gueule
Se referme.
La précipitation leur ôte
Le peu de jugement qu'ils avaient
Et un requiem lancinant
Un linceul blanc dévale l'échine
De ces pauvres damnés.
Le roussie à peine éteint dans le dos,
Le seul survivant s'élance
Dans le souterrain
Oblong et humide.
Les jours s'en vont, les jours s'en vont,
Mais rien ne se perd,
Des landes austères,
Aux graves raidillons.
Les jours s'en vont, les jours s'en vont,
Mais chacun espère,
En des lendemain plus clairs,
Aux glorieux sons.
Les jours s'en vont, les jours s'en vont,
Mais ils sont le départ clair
D'un chemin long et vert,
Qui suit nos décisions.
En Weyrid où blondissaient les blés
L'orange ne se couche et resplendit
Encore à son zénith ; les sources
Continuent leur périple
Sonore et gracile
A coté des ruines des immortelles.
En Weyrid où blondissaient les blés
Quand vient la nuit
Les papillons s'ébattent
Devant la lune
Et butinent les pistils
Sur les tombes oubliés.
Exégèse